Calculateur d'héritage islamique

Indiquez les proches en vie : la part de chaque héritier s’affiche aussitôt, en fraction et en montant, avec sa source dans le Coran et la Sunna.

Qui est en vie au moment du décès ?

Indiquez seulement les proches vivants. Les questions suivantes n’apparaissent que si elles peuvent changer le partage.

Conjoint

Enfants

Fils

0

Filles

0

Parents

Père — en vie ?

Mère — en vie ?

Des enfants d’un fils décédé ?

Petits-enfants par un fils. Ceux d’une fille n’héritent pas par part fixe.

Des grands-parents en vie ?

Le père de la mère n’hérite pas par part fixe.

Des frères ou sœurs en vie ?

Même s’ils n’héritent pas, deux frères ou sœurs réduisent la part de la mère.

Des neveux, oncles ou cousins du côté du père ?

Ils prennent ce qui reste quand aucun proche plus direct n’existe.

Le partage

Après frais funéraires, dettes et legs.

Indiquez au moins un proche en vie pour voir le partage.

Ce calcul applique les règles classiques de l’héritage islamique aux proches que vous avez indiqués. Avant tout partage réel, faites-le confirmer par un savant ou un notaire : le droit de votre pays peut différer sur certains points.

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Avant le partage : ce qui est retiré de la succession

On ne partage entre les héritiers que ce qui reste après trois prélèvements, dans cet ordre : les frais d’enterrement, les dettes du défunt, puis ses legs. Le Coran précise à quatre reprises que les parts s’appliquent « après exécution du testament qu’il aurait fait ou paiement d’une dette », et ʿAlī rapporte que le Prophète ﷺ faisait passer la dette avant le legs. (Coran 4:11 · Coran 4:12 · al-Tirmidhī 2094 · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn)

Le legs (waṣiyya) ne peut pas dépasser le tiers de ce qui reste après les dettes — « le tiers, et le tiers c’est beaucoup » — et ne peut pas être fait au profit d’un héritier : « Allah a donné à chacun son droit ; pas de legs pour un héritier », sauf si les autres héritiers l’acceptent après le décès (avis de la majorité des savants selon Ibn Qudāma). C’est le montant restant qu’il faut saisir dans le calculateur. (al-Bukhārī 2742 · Abū Dāwūd 2870 · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Les parts fixes (farāʾiḍ) et leurs conditions

Le Coran fixe six fractions : la moitié, le quart, le huitième, les deux tiers, le tiers et le sixième. Qui reçoit laquelle dépend des autres proches encore en vie : (Coran 4:11 · Coran 4:12 · Coran 4:176 · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Mari1/2 · 1/4

Condition : sans / avec enfant ou enfant de fils (Coran 4:12)

Épouse (ou épouses, qui partagent)1/4 · 1/8

Condition : sans / avec enfant ou enfant de fils (Coran 4:12)

Fille1/2 · 2/3

Condition : une / deux ou plus, sans fils ; avec un fils : la moitié de la part d’un fils (Coran 4:11 · al-Tirmidhī 2092)

Fille du fils1/2 · 2/3 · 1/6

Condition : comme la fille s’il n’y a pas de fille ; 1/6 avec une seule fille (al-Bukhārī 6736 · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Père1/6 · 1/6 + reste · reste

Condition : avec un fils / avec des filles seulement / sans descendant (Coran 4:11 · al-Bukhārī 6732)

Mère1/6 · 1/3 · 1/3 du reste

Condition : avec descendant ou deux frères/sœurs / sinon / avec conjoint et père seuls (Coran 4:11 · jugement de ʿUmar)

Grand-mère (une ou deux)1/6

Condition : sans mère ; partagé à deux (Abū Dāwūd 2894 · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Sœur germaine1/2 · 2/3

Condition : une / deux ou plus, sans descendant masculin, père ni frère (Coran 4:176)

Demi-sœur par le père1/2 · 2/3 · 1/6

Condition : comme la sœur germaine s’il n’y en a pas ; 1/6 avec une seule sœur germaine (Coran 4:176 · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Demi-frère ou demi-sœur par la mère1/6 · 1/3

Condition : un / deux ou plus (parts égales, homme ou femme), sans descendant, père ni grand-père (Coran 4:12)

Ceux qui héritent du reste (ʿaṣaba)

Ce qui reste après les parts fixes revient aux proches parents masculins du côté du père, le plus proche d’abord : « Donnez les parts fixes à ceux qui y ont droit ; ce qui reste revient à l’homme le plus proche ». L’ordre est : fils, fils du fils, père, grand-père, frères germains, demi-frères par le père, leurs fils, oncles paternels, puis leurs fils. À degré égal, le germain passe avant le consanguin. (al-Bukhārī 6732 · Ibn Qudāma, al-Mughnī · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Les fils, les fils du fils et les frères partagent ce reste avec leurs sœurs, un homme recevant la part de deux femmes. Les sœurs germaines ou consanguines héritent aussi le reste lorsqu’il y a des filles : c’est le jugement du Prophète ﷺ rapporté par Ibn Masʿūd (fille 1/2, fille du fils 1/6, le reste à la sœur). (Coran 4:11 · Coran 4:176 · al-Bukhārī 6736)

Qui exclut qui

Le conjoint, le père, la mère, le fils et la fille ne sont jamais exclus. Pour les autres : le fils exclut les enfants du fils ; deux filles excluent les filles du fils, sauf si un fils du fils les rend héritières du reste ; le père exclut le grand-père, les frères et sœurs, et (sauf chez les hanbalites) sa propre mère ; la mère exclut les grands-mères ; tout descendant, le père ou le grand-père excluent les demi-frères et sœurs par la mère. (Ibn Qudāma, al-Mughnī · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Même exclus par le père, deux frères ou sœurs ou plus réduisent la part de la mère du tiers au sixième. (Coran 4:11 · Ibn Qudāma, al-Mughnī · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Les cas particuliers

ʿAwl — quand les parts fixes dépassent la succession, toutes sont réduites dans la même proportion. Exemple rapporté des ouvrages : une épouse, le père, la mère et deux filles (1/8 + 1/6 + 1/6 + 2/3) ; la base 24 est portée à 27, l’épouse reçoit 3/27 = 1/9, chaque parent 4/27, les deux filles 16/27. (jugement de ʿUmar · Ibn Qudāma, al-Mughnī · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn)

Radd — quand il reste une part et qu’aucun héritier « du reste » n’existe, elle est rendue aux héritiers à part fixe au prorata, sauf au conjoint. Exemple : une fille et la mère (1/2 et 1/6) reçoivent finalement 3/4 et 1/4. (Ibn Qudāma, al-Mughnī · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Les deux « ʿUmariyya » — conjoint, père et mère : la mère reçoit le tiers de ce qui reste après la part du conjoint (1/6 avec un mari, 1/4 avec une épouse), le père le reste. (jugement de ʿUmar · Ibn Qudāma, al-Mughnī · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Là où les écoles divergent

Sur la très grande majorité des successions, les quatre écoles (hanafite, malikite, chaféite, hanbalite) aboutissent au même partage. Elles divergent dans quelques situations, que le calculateur détecte : il affiche alors le partage de chaque école au lieu d’en choisir une à votre place. (Ibn Qudāma, al-Mughnī)

  • Grand-père avec des frères et sœurs : exclus par le grand-père chez les hanafites ; partage selon la méthode de Zayd chez les autres. (al-Sirājiyya (hanafite) · Ibn Qudāma, al-Mughnī)
  • Mushtaraka : les frères germains partagent le tiers des utérins chez les malikites et chaféites, rien chez les hanafites et hanbalites. (Ibn Qudāma, al-Mughnī · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))
  • Mère du père avec le père : héritière chez les hanbalites seulement. (Ibn Qudāma, al-Mughnī)
  • « Mālikiyya » : avec mari, mère, grand-père, deux utérins et un frère, les malikites donnent tout le reste au grand-père. (Mukhtaṣar Khalīl (malikite))
  • Radd : pratiqué par toutes les écoles aujourd’hui ; les malikites et chaféites anciens donnaient le reste au Trésor public. (al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn · Mukhtaṣar Khalīl (malikite))

Certains Compagnons avaient d’autres avis encore (Ibn ʿAbbās refusait le ʿawl, par exemple). Ils ne sont pas suivis par les quatre écoles et le calculateur ne les applique pas. (Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Qui n’hérite pas, et cas à signaler

N’indiquez pas un proche qui n’hérite pas : le musulman n’hérite pas du non-musulman ni l’inverse ; celui qui a tué le défunt n’hérite pas (les écoles divergent sur l’homicide involontaire). L’enfant adopté n’est pas héritier, car l’héritage naît de la parenté, du mariage ou de l’affranchissement : on peut lui léguer jusqu’au tiers. (al-Bukhārī 6764 · Ibn Mājah 2645 · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn · Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Une épouse divorcée par un divorce révocable et encore en délai de viduité (ʿidda) hérite comme une épouse. Si une héritière attend un enfant du défunt, si un héritier est disparu ou si un héritier est mort avant le partage, le calcul demande des règles particulières : consultez un savant. (Ibn Qudāma, al-Mughnī · al-Nawawī, Minhāj al-ṭālibīn)

Et la loi de mon pays ?

Dans la plupart des pays musulmans, l’héritage est réglé par un code de la famille tiré du fiqh, mais chaque code a tranché certaines divergences à sa façon. Le calculateur signale sous le résultat, dans « Selon la loi de votre pays », les écarts qui touchent le cas calculé. Voici l’essentiel, relu dans les textes officiels :

  • Maroc (Code de la famille de 2004) : école malikite en cas de silence du texte ; le guide officiel du ministère de la Justice fait participer le conjoint au radd ; legs obligatoire pour les enfants d’un fils ou d’une fille morts avant le défunt. (Maroc, Code de la famille, art. 349 · Guide pratique du Code de la famille, ministère de la Justice · Maroc, art. 369-372)
  • Algérie (Code de la famille de 1984, modifié en 2005) : méthode de Zayd pour le grand-père ; le conjoint ne reçoit le reste que s’il n’existe aucun parent, même par les femmes ; les petits-enfants d’un enfant mort avant le défunt prennent sa place dans la limite du tiers (tanzīl). (Algérie, art. 158 · Algérie, Code de la famille, art. 167 et 180 · Algérie, art. 169-172)
  • Tunisie (Code du statut personnel) : la fille ou la petite-fille par un fils prend le reste même face aux frères et aux oncles ; legs obligatoire pour les enfants d’un fils ou d’une fille. (Tunisie, Code du statut personnel, art. 143 bis · Tunisie, art. 191-192)
  • Sénégal (Code de la famille de 1972) : les règles musulmanes ne s’appliquent que si le défunt a manifesté cette volonté, expressément ou par son comportement ; méthode de Zayd et cas malikites ; pas de legs obligatoire. (Sénégal, Code de la famille, art. 571 · Sénégal, art. 616-640)
  • Égypte et Jordanie : règle propre pour le grand-père avec les frères (partage ou reste, au moins un sixième) ; legs obligatoire ; en Jordanie, le conjoint participe au radd. (Égypte, loi 77/1943, art. 22 · Égypte, loi 71/1946, art. 76-78 · Jordanie, loi du statut personnel 15/2019, art. 290 · Jordanie, art. 312 · Jordanie, art. 279)
  • Arabie saoudite (statut personnel de 2022) : le grand-père écarte les frères et sœurs, les frères germains n’ont rien dans la « Mushtaraka », la mère du père hérite avec le père ; pas de legs obligatoire. (Arabie saoudite, statut personnel, art. 212 · Arabie saoudite, art. 227 · Arabie saoudite, art. 214)
  • Émirats (loi de 2024, en vigueur depuis le 15 avril 2025 ; l’ancienne loi s’applique aux décès antérieurs) : le conjoint n’a jamais part au radd, la mère du père hérite avec le père, legs obligatoire pour les enfants d’un fils ou d’une fille. (Émirats, art. 233 · Émirats, art. 216 · Émirats, décret-loi fédéral 41/2024, art. 179)
  • France, Belgique et autres pays de l’Union européenne : la loi applicable est en principe celle de la dernière résidence habituelle du défunt, sauf s’il a choisi par testament la loi de sa nationalité. Le partage islamique n’y est donc pas appliqué d’office : voyez un notaire. (Règlement (UE) n° 650/2012, art. 21-22)

Ce que ce calculateur ne fait pas

Il ne répartit pas les parts des parents par les femmes (enfants d’une fille, oncles maternels…), appelés dhawū al-arḥām : il signale seulement quand la succession leur revient. Il ne va pas au-delà des petits-enfants par un fils, des grands-parents directs, des neveux, oncles et cousins paternels. Il ne traite ni l’enfant à naître, ni le disparu, ni l’héritier mort avant le partage, ni les situations de sexe indéterminé. Enfin, il suit le fiqh classique : le code de la famille de votre pays peut prévoir autrement sur certains points (legs obligatoire aux petits-enfants orphelins, radd au conjoint…). (Ibn Qudāma, al-Mughnī)

Questions fréquentes sur l'héritage en islam

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