Calculez les parts d'heritage islamique selon la loi islamique (Faraid). Determinez la part de chaque heritier incluant conjoint, enfants, parents et fratrie.
Le droit successoral islamique, connu sous le nom d'Ilm al-Faraid (la science des parts obligatoires), est l'une des branches les plus importantes et detaillees de la jurisprudence islamique (fiqh). Le Prophete Muhammad (paix et salut sur lui) a dit : "Apprenez les lois de l'heritage et enseignez-les aux gens, car c'est la moitie du savoir" (Sunan Ibn Majah). Contrairement a de nombreux autres domaines du droit islamique ou les savants ont une marge d'interpretation significative, les parts d'heritage sont largement fixees par le texte coranique explicite, faisant des Faraid l'un des domaines les plus precisement definis de la Charia. Le mot "Faraid" vient de la racine arabe "f-r-d" signifiant obligation ou part fixe, refletant le fait que ces parts sont mandatees par Dieu et ne peuvent etre alterees par la volonte humaine. La science des Faraid assure la justice dans la distribution des richesses apres le deces, empechant la concentration des richesses entre les mains de quelques-uns et garantissant que tous les membres proches de la famille recoivent leur part legitime.
La source principale du droit successoral islamique est le Coran, en particulier la Sourate An-Nisa (Chapitre 4), versets 11, 12 et 176. Ces versets comptent parmi les passages legislatifs les plus detailles de tout le Coran. Le verset 4:11 declare : "Allah vous commande au sujet de vos enfants : au fils, une part egale a celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, deux ou plus, leur part est les deux tiers de la succession. S'il n'y en a qu'une, sa part est la moitie. Pour les parents, a chacun un sixieme de la succession, si le defunt a laisse des enfants. S'il n'a pas d'enfants et que ses parents sont les seuls heritiers, la mere recoit un tiers." Le verset 4:12 detaille les parts des conjoints : "Vous recevez la moitie de ce que laissent vos epouses si elles n'ont pas d'enfants ; sinon, vous recevez un quart. Elles recoivent un quart de ce que vous laissez si vous n'avez pas d'enfants ; sinon, elles recoivent un huitieme." Le verset 4:176 (Kalalah) traite de l'heritage lorsque le defunt n'a ni parents ni enfants. Ces versets concluent par : "Ceci est un commandement d'Allah. Et Allah est Omniscient, Indulgent." La precision de ces versets demontre l'importance qu'Allah accorde a la distribution equitable des richesses.
Le droit successoral islamique classe les heritiers en trois categories principales : (1) Dhawil Furud (Heritiers a parts fixes) : Ce sont les heritiers dont les parts sont explicitement mentionnees dans le Coran. Ils comprennent le mari, la femme, le pere, la mere, la fille, la petite-fille du fils, la soeur germaine, la demi-soeur paternelle, le demi-frere/soeur maternel(le) et la grand-mere. Leurs parts sont des fractions predeterminees (1/2, 1/4, 1/8, 2/3, 1/3 ou 1/6) qui varient selon la presence d'autres heritiers. (2) Asabat (Residuaires) : Ce sont les heritiers qui recoivent le reste de la succession apres la distribution des parts fixes. Le fils est l'heritier residuaire principal. S'il n'y a pas de fils, le pere devient residuaire. D'autres parents males dans la lignee paternelle (freres, oncles paternels, etc.) peuvent aussi etre residuaires. Les filles deviennent residuaires lorsqu'elles heritent aux cotes des fils (recevant la moitie de la part du fils). (3) Dhawil Arham (Parents eloignes) : Ce sont les parents par le sang qui ne sont ni heritiers a parts fixes ni residuaires, comme les oncles maternels, les tantes maternelles et les filles de freres. L'ecole hanafite leur permet d'heriter s'il n'y a ni Dhawil Furud ni Asaba, tandis que les autres ecoles dirigent ces successions vers le tresor islamique (Bayt al-Mal).
Le Coran specifie six parts fixes (Furud) : (1) La moitie (1/2) : Donnee au mari en l'absence d'enfants, a une fille unique en l'absence de fils, ou a une soeur germaine/consanguine unique en l'absence de freres. (2) Le quart (1/4) : Donne au mari en presence d'enfants, ou a l'epouse en l'absence d'enfants. (3) Le huitieme (1/8) : Donne a l'epouse (ou aux epouses collectivement) en presence d'enfants. (4) Les deux tiers (2/3) : Donnes a deux filles ou plus en l'absence de fils, ou a deux soeurs germaines/consanguines ou plus en l'absence de freres. (5) Le tiers (1/3) : Donne a la mere en l'absence d'enfants et de moins de deux freres/soeurs, ou a deux freres/soeurs uterins ou plus collectivement. (6) Le sixieme (1/6) : Donne a chaque parent en presence d'enfants, a la mere en presence de deux freres/soeurs ou plus, a un frere/soeur uterin, a la grand-mere, ou a la petite-fille du fils aux cotes d'une fille unique. Comprendre ces parts est essentiel pour un calcul precis de l'heritage. Chaque part change selon la combinaison des heritiers survivants, ce qui rend l'heritage islamique parfois complexe dans certaines configurations familiales.
Plusieurs cas speciaux surviennent dans l'heritage islamique qui necessitent des connaissances avancees : (1) Awl (Reduction proportionnelle) : Cela se produit lorsque le total des parts fixes depasse la totalite de la succession. Par exemple, si une femme decede en laissant un mari (1/2), deux soeurs germaines (2/3) et une mere (1/6), les parts depassent 1. Dans ce cas, toutes les parts sont reduites proportionnellement pour s'ajuster a la succession. Ce principe a ete applique pour la premiere fois par le calife Omar ibn al-Khattab. (2) Radd (Redistribution) : C'est l'oppose de l'Awl — lorsque les parts fixes n'epuisent pas toute la succession et qu'il n'y a pas d'heritiers residuaires, le surplus est redistribue proportionnellement parmi les heritiers a parts fixes (excluant le conjoint selon la majorite). (3) Mushtaraka (Heritage partage) : Un cas rare ou les freres/soeurs germains partagent egalement avec les freres/soeurs uterins. Cela se produit lorsque le defunt laisse un mari, une mere ou grand-mere, des freres/soeurs uterins et des freres/soeurs germains, sans reste apres les parts fixes. Le calife Omar a decide que les freres germains partagent avec les uterins dans le tiers. (4) Le probleme grand-pere/freres : Lorsqu'un grand-pere herite aux cotes de freres, les differentes ecoles ont des regles differentes. Abu Bakr donnait au grand-pere le meme statut que le pere (bloquant les freres), tandis qu'Omar, Othman et Ali traitaient le grand-pere differemment.
En Islam, une personne peut leguer jusqu'a un tiers de sa succession par testament (Wasiyyah) a des non-heritiers. Cette regle provient du celebre hadith de Sa'd ibn Abi Waqqas, qui a demande au Prophete (paix et salut sur lui) s'il pouvait donner les deux tiers de sa richesse en charite puisqu'il n'avait qu'une fille. Le Prophete repondit : "Un tiers, et un tiers c'est beaucoup" (Sahih al-Bukhari). La Wasiyyah ne peut etre faite en faveur d'un heritier legal qui recoit deja une part fixe, car le Prophete a dit : "Pas de legs pour un heritier" (Sunan Abu Dawud). Le but de la Wasiyyah est de permettre aux musulmans de pourvoir aux personnes ou causes non couvertes par le systeme d'heritage — comme les proches non-musulmans, les enfants adoptes, les organisations caritatives ou les amis proches. Si un legs depasse un tiers ou est fait en faveur d'un heritier, il requiert le consentement des autres heritiers pour etre valide. La Wasiyyah est executee apres le paiement des frais funeraires et des dettes, mais avant la distribution des parts d'heritage.
Avant que les parts d'heritage ne soient calculees et distribuees, il y a un ordre specifique d'obligations financieres qui doivent etre remplies a partir de la succession : (1) Frais funeraires : Le cout du lavage, de l'enveloppement et de l'enterrement du defunt est paye en premier. La loi islamique exige un enterrement modeste et les depenses excessives sont decouragees. (2) Dettes : Toutes les dettes en cours du defunt doivent etre reglees, y compris les prets, les hypotheques, la Zakat impayee, les voeux non accomplis et toute obligation financiere. Le Prophete (paix et salut sur lui) a dit : "L'ame du croyant est retenue otage par sa dette jusqu'a ce qu'elle soit remboursee" (Sunan at-Tirmidhi). (3) Wasiyyah (legs) : Jusqu'a un tiers de la succession restante peut etre distribue selon la volonte du defunt aux non-heritiers. (4) Distribution de l'heritage : La succession restante est ensuite divisee entre les heritiers selon les parts coraniques. Cet ordre est derive du verset coranique : "Apres tout legs qu'il aurait fait ou toute dette" (Coran 4:11). Il assure que les obligations du defunt sont remplies avant que les heritiers ne recoivent leurs parts.
Plusieurs sujets reviennent frequemment concernant l'heritage islamique. Concernant les droits des filles : les filles heritent bel et bien en Islam. Une fille unique recoit la moitie de la succession, et deux filles ou plus recoivent ensemble les deux tiers. Lorsque les filles heritent aux cotes des fils, chaque fils recoit le double de la part de la fille. Ce ratio reflete le systeme islamique ou les hommes portent la responsabilite financiere de la famille (subvenir aux besoins de l'epouse, des enfants et des parents), tandis que l'heritage des femmes leur appartient entierement. Concernant les petits-enfants orphelins : si un fils decede avant son pere, les enfants du fils peuvent ne pas heriter automatiquement du grand-pere dans le systeme de base des Faraid. Pour y remedier, de nombreux pays a majorite musulmane ont adopte des lois de legs obligatoire (Wasiyyah Wajibah) garantissant aux petits-enfants une part equivalente a ce que leur parent aurait recu, jusqu'a un tiers de la succession. Concernant les enfants adoptes : les enfants adoptes n'heritent pas selon le droit successoral islamique, car l'adoption (au sens du changement de filiation) n'est pas reconnue en Islam (Coran 33:4-5). Cependant, le parent adoptif peut pourvoir a leurs besoins par la Wasiyyah (jusqu'a un tiers) ou des dons de son vivant.
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