Ruqyah en Islam : Jugements et questions sur l’incantation légiférée

Ruqyah en Islam : Jugements et questions sur l’incantation légiférée

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La ruqyah, ou incantation légiférée en Islam, est une pratique de guérison spirituelle basée sur la récitation de versets coraniques et d’invocations prophétiques. De nombreux croyants s’interrogent sur sa licéité, ses conditions et ses limites. Cet article vous présente les jugements islamiques (ahkâm) relatifs à la ruqyah, en s’appuyant sur le Coran et la Sunna authentique, afin de vous guider dans une pratique conforme à la tradition prophétique.

Qu’est-ce que la ruqyah en Islam ? Définition et fondements

La ruqyah désigne l’acte de réciter des formules de protection et de guérison sur une personne malade, ensorcelée ou affectée par le mauvais œil. Elle trouve son origine dans le Coran et les hadiths du Prophète Muhammad ﷺ. Allah mentionne dans le Coran : « contre le mal de celles qui soufflent [les sorcières] sur les nœuds » (Sourate Al-Falaq, verset 4), faisant référence aux pratiques de sorcellerie contre lesquelles on cherche protection. Le Prophète ﷺ lui-même a eu recours à la ruqyah et l’a enseignée à ses Compagnons. ‘Aïshah (qu’Allah l’agrée) rapporte qu’un homme nommé Labîd ibn Al-A’sam ensorcela le Prophète ﷺ, et que ce dernier fut guéri par la révélation des sourates Al-Falaq et An-Nâs (Rapporté par Bukhari & Muslim). Ainsi, la ruqyah est une pratique autorisée, à condition de respecter les règles énoncées par les savants.

Les preuves coraniques de la ruqyah

Le Coran lui-même est décrit comme une guérison pour les cœurs et les corps. Allah dit : « Et quand on leur récite Nos versets bien clairs, ceux qui ont mécru disent à propos de la vérité, une fois venue à eux: «C’est de la magie manifeste» » (Sourate Al-Ahqaf, verset 7). Ce verset montre que certains rejettent le Coran en l’accusant de magie, alors qu’il est au contraire un remède. De plus, le Prophète ﷺ a enseigné à ses Compagnons des formules spécifiques, comme celle rapportée par Anas (qu’Allah l’agrée) : « Ô Allah ! Seigneur des gens, Toi qui éloignes les maux ! Guéris ! Tu es Celui qui Guéris ! Point de guérison si ce n’est celle que tu accordes, une guérison ne laissant aucun mal après elle ! » (Rapporté par Bukhari).

La ruqyah dans la Sunna

Le Prophète ﷺ a clairement distingué la ruqyah licite de celle qui relève de la magie ou du polythéisme. Dans un hadith, ‘AbdouLlâh ibn Mas’oûd rapporte : « Certes, les incantations, les talismans et « At-Tiwalah » sont du polythéisme. » (Rapporté par Abu Daoud & Ibn Majah & Ahmad). Ce hadith met en garde contre les incantations qui impliquent l’association à Allah. En revanche, la ruqyah basée sur le Coran et les invocations prophétiques est permise, comme le montre la pratique du Prophète ﷺ lui-même.

Conditions de validité de la ruqyah selon l’Islam

Pour qu’une ruqyah soit licite, elle doit remplir plusieurs conditions essentielles. Les savants s’accordent sur les points suivants : la ruqyah doit être formulée en arabe ou dans une langue compréhensible, ne contenir aucun élément de polythéisme (shirk), et être récitée avec la conviction que la guérison vient uniquement d’Allah. Le Prophète ﷺ a dit : « N’est pas des nôtres celui qui consulte les augures ou pour qui on les consulte ; ni celui qui pratique la voyance ou consulte un voyant ; ni celui qui pratique la sorcellerie ou pour qui on la pratique. » (Rapporté par Al-Bazzar). Ce hadith souligne l’interdiction de toute pratique magique, à distinguer de la ruqyah légiférée.

Utilisation exclusive du Coran et des invocations prophétiques

La ruqyah licite utilise des versets coraniques, des noms d’Allah et des invocations rapportées du Prophète ﷺ. Abû Sa’îd Al-Khudrî rapporte que le Prophète ﷺ utilisait les sourates Al-Falaq et An-Nâs (Al-Mu’awwidhatân) pour se protéger, et après leur révélation, il se contenta d’elles (Rapporté par Ibn Majah, At-Termedhy, An-Nasaa’i). Cela montre l’importance de ces sourates dans la ruqyah.

Interdiction des formules incompréhensibles ou associatives

Toute formule dont le sens est inconnu ou qui invoque d’autres qu’Allah est interdite. Le hadith précédent classe les incantations (au sens large) parmi le polythéisme. Les savants précisent que si la ruqyah contient des paroles de mécréance ou de magie, elle devient illicite.

Types de ruqyah : licite, illicite et cas particuliers

Il existe plusieurs formes de ruqyah. La ruqyah légiférée (ruqyah shar’iyyah) est celle qui respecte les conditions citées. La ruqyah interdite est celle qui utilise des formules magiques, des talismans, ou qui implique la consultation de devins. Le Prophète ﷺ a été interrogé sur le désenvoûtement (an-nushrah) et a répondu : « C’est l’une des œuvres de Satan ! » (Rapporté par Abu Daoud & Ahmad). Ce hadith met en garde contre certaines pratiques qui prétendent guérir la sorcellerie mais qui relèvent elles-mêmes de la magie.

La ruqyah sur soi-même et sur autrui

Il est permis de pratiquer la ruqyah sur soi-même, comme le faisait le Prophète ﷺ. ‘Uthmân ibn Abî Al-‘Âṣ a rapporté que le Prophète ﷺ lui a enseigné une invocation pour guérir une douleur : « Pose ta main sur l’endroit de ton corps qui te fait mal et dis trois fois : « Au nom d’Allah ! » Ensuite, répète sept fois de suite : « Je me mets sous la protection de la puissance d’Allah et de Son pouvoir contre le mal dont je souffre et que je crains. » » (Rapporté par Muslim). On peut également demander à une personne pieuse de réciter sur soi.

Différence entre ruqyah et sorcellerie

La sorcellerie (sihr) est un acte de mécréance, comme l’indique le Coran : « Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Solayman. Alors que Solayman n’a jamais été mécréant mais bien les diables : ils enseignent aux gens la magie… » (Sourate Al-Baqara, verset 102). La ruqyah, au contraire, est un acte d’adoration et de confiance en Allah. Les magiciens, dans l’histoire de Moïse, ont reconnu la vérité et se sont prosternés : « Et les magiciens se jetèrent prosternés. » (Sourate Al-A’raaf, verset 120).

Questions fréquentes sur la ruqyah

De nombreuses interrogations entourent la pratique de la ruqyah. Voici les réponses aux questions les plus courantes, basées sur les enseignements des savants.

Peut-on pratiquer la ruqyah sans être un spécialiste ?

Oui, tout musulman peut pratiquer la ruqyah sur lui-même ou sur ses proches, à condition d’utiliser des formules licites et de croire que la guérison vient d’Allah. Le Prophète ﷺ a encouragé les croyants à se protéger par les invocations. Vous pouvez trouver des douas authentiques dans notre recueil d’invocations.

La ruqyah est-elle efficace contre le mauvais œil ?

Oui, la ruqyah est un moyen de se prémunir contre le mauvais œil, comme le montre le hadith de Buraydah : « Point d’exorcisme sauf en cas de mauvais œil ou de poison ! » (Rapporté par Bukhari & Muslim). Cependant, la confiance doit être placée en Allah seul.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la ruqyah en Islam ?

La ruqyah est l’incantation légiférée utilisant des versets coraniques et des invocations prophétiques pour guérir ou se protéger contre le mal, le mauvais œil ou la sorcellerie.

La ruqyah est-elle autorisée en Islam ?

Oui, la ruqyah basée sur le Coran et la Sunna est autorisée et même recommandée. Le Prophète ﷺ l’a pratiquée et enseignée.

Quelles sont les conditions d’une ruqyah licite ?

Les conditions sont : utiliser des paroles du Coran ou des invocations prophétiques, être en arabe ou compréhensible, ne pas contenir de shirk, et croire que la guérison vient d’Allah.

Quelle est la différence entre ruqyah et sorcellerie ?

La ruqyah est un acte d’adoration et de confiance en Allah, tandis que la sorcellerie (sihr) est une mécréance et un acte satanique interdit.

Peut-on pratiquer la ruqyah sur soi-même ?

Oui, il est recommandé de le faire. Le Prophète ﷺ a enseigné des invocations à réciter sur soi-même pour guérir.

La ruqyah est-elle efficace contre la magie ?

Oui, la ruqyah est un moyen légiféré pour se protéger et guérir de la magie, comme cela est prouvé par la guérison du Prophète ﷺ après avoir été ensorcelé.

Peut-on payer pour une ruqyah ?

Il est permis de rémunérer un praticien de ruqyah, mais cela doit être fait avec transparence et sans exploitation. Certains savants déconseillent de payer pour des récitations.

Quels sont les versets les plus utilisés en ruqyah ?

Les sourates Al-Fatiha, Al-Ikhlas, Al-Falaq, An-Nâs, Ayat al-Kursi, et les deux dernières sourates sont les plus récitées en ruqyah.

La ruqyah est une pratique bénie en Islam, à condition de respecter les règles établies par le Coran et la Sunna. Elle nous rappelle que seul Allah est le Guérisseur et que nous devons placer notre confiance en Lui. Pour approfondir votre pratique spirituelle, utilisez notre application Al Muslim Plus qui vous offre des horaires de prière précis, un compteur de dhikr et un accès au Coran avec audio. Téléchargez-la dès maintenant et enrichissez votre quotidien de foi.

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Sources vérifiées

Citations recoupées mot pour mot avec le corpus canonique (Coran / hadiths).

  • Sourate Al-Falaq, verset 4
  • Sourate Al-Ahqaf, verset 7
  • Sourate Al-A’raaf, verset 120
  • Sourate Al-Baqara, verset 102
  • Hadith n°3402 (Narrated by Abu Daoud – Narrated by Ahmad) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°5273 (Narrated by Abu Daoud & Ibn Majah & Ahmad) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°5981 (Narrated by Al-Bazzar) — grade : Good hadith
  • Hadith n°3396 (Narrated by Bukhari & Muslim) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°5541 (Narrated by Bukhari) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°6184 (Narrated by Ibn Majah – Narrated by At-Termedhy – An-Nasaa’i) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°6018 (Narrated by Muslim) — grade : Authentic hadith
  • Hadith n°10570 (Narrated by Bukhari & Muslim) — grade : Authentic hadith

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