La réponse n’est pas unanime : les juristes divergent sur la récitation du Coran pendant les menstrues, notamment parce qu’ils évaluent différemment les textes et les situations concernées. Il faut aussi distinguer trois gestes : réciter de mémoire, toucher un mushaf (exemplaire du Coran en arabe) et lire ou suivre le texte sur un écran. L’apprentissage et la révision peuvent, eux aussi, influer sur l’avis suivi.
Réciter le Coran pendant les règles : pourquoi les avis divergent
Une partie des juristes interdit à la femme en période de menstrues de réciter le Coran jusqu’à la fin de ses règles et au grand lavage rituel. Ils distinguent cette situation de l’état d’impureté majeure qui prend fin par un lavage, et s’appuient notamment sur des raisonnements juridiques relatifs à la récitation et à la pureté. D’autres juristes ne considèrent pas qu’une preuve suffisamment explicite établisse cette interdiction pour les menstrues ; ils permettent donc la récitation, en particulier lorsqu’elle répond à un besoin.
Les textes ne formulent pas tous une règle directe sur la récitation
Le verset qui décrit les menstrues traite d’abord des rapports conjugaux : « – Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: «C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient». » (Sourate Al-Baqara, verset 222). Les juristes ne tirent pas tous de ce passage une interdiction de réciter le Coran : il ne mentionne pas directement la lecture.
Les juristes évaluent différemment les preuves et les analogies
Les savants qui permettent la récitation soulignent notamment qu’il n’existe pas, dans les textes qu’ils retiennent, de prohibition explicite visant la femme qui a ses règles. Ils citent aussi le récit où ʽÂ’ishah rapporte : « ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) se couchait sur mon giron et récitait le Coran tandis que j’étais indisposée. » » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim). Ce récit établit que les menstrues ne rendent pas la femme elle-même inaccessible ou exclue de la proximité du Coran, mais il ne tranche pas à lui seul la question de sa propre récitation. Les avis divergent donc réellement : il convient de les présenter comme tels, sans transformer l’un en consensus.
Apprentissage et révision : des situations parfois traitées à part
La durée habituelle des menstrues peut empêcher une élève ou une enseignante de maintenir une révision régulière si toute récitation est suspendue. Certains juristes tiennent compte de cette difficulté et distinguent la récitation nécessaire à l’apprentissage, à l’enseignement ou à la mémorisation d’une lecture sans besoin particulier. Cette nuance ne signifie pas que toutes les écoles adoptent la même règle : elle explique pourquoi des avis permissifs peuvent être plus largement retenus dans certains cas.
L’approche malikite prend en compte le besoin d’apprendre
Dans l’approche malikite, un avis permet à la femme en menstrues de réciter le Coran, notamment pour apprendre ou réviser, et certains exposés de cette école étendent cette permission à la récitation en général. La justification tient entre autres à la durée des règles : contrairement à l’impureté majeure, qui peut être levée par un lavage, elles se prolongent plusieurs jours et ne sont pas choisies. Une interruption prolongée peut faire oublier ce qui a été mémorisé ou compliquer l’apprentissage.
Adapter la révision à l’avis que l’on suit
Si vous suivez un avis qui interdit la récitation, vous pouvez suspendre la récitation orale et reprendre après la fin des règles, ou réviser autrement selon ce que votre école autorise. Si vous suivez un avis permissif, vous pouvez maintenir votre apprentissage, en veillant à distinguer la récitation de la question du contact avec le mushaf. Pour approfondir les bénéfices et les formes de lecture, vous pouvez consulter les vertus de la lecture du Coran en Islam.
Mushaf, récitation de mémoire et écran : distinguer les gestes
La permission ou l’interdiction de réciter ne répond pas automatiquement à la question du toucher. Des juristes interdisent à la personne en état d’impureté rituelle de toucher directement le mushaf, même lorsqu’ils discutent séparément de la récitation de mémoire. D’autres détails peuvent concerner le fait de le tenir avec une protection ou de tourner ses pages sans contact direct ; ces cas ne doivent pas être confondus avec la lecture elle-même.
Réciter de mémoire et toucher un mushaf sont deux questions distinctes
Vous pouvez donc rencontrer un avis qui autorise la récitation de mémoire pendant les règles tout en demandant de ne pas toucher directement un exemplaire imprimé du Coran. À l’inverse, le fait de ne pas toucher le mushaf ne règle pas à lui seul la question de la récitation orale. Pour consulter le texte sourate par sourate, vous pouvez consulter le Coran sourate par sourate sur l’application.
Un écran n’est pas automatiquement assimilé à un mushaf imprimé
La lecture sur téléphone ou tablette soulève une question distincte : le texte affiché est temporaire et l’appareil contient aussi d’autres contenus, ce qui conduit certains juristes à ne pas l’assimiler entièrement au mushaf. D’autres recommandent la prudence, en particulier si l’écran affiche les versets et qu’on le manipule comme un exemplaire du Coran. Les avis sur le statut du contact avec l’écran varient ; il est donc utile de vérifier la position suivie dans votre école, sans confondre le fait de lire à l’écran avec celui de réciter.
Comment se repérer selon son école et sa situation
Pour vous repérer, commencez par identifier la question précise : souhaitez-vous réciter de mémoire, apprendre un passage, lire dans un mushaf ou consulter un écran ? Puis suivez de manière cohérente l’avis reconnu de votre école, en tenant compte des nuances prévues pour l’apprentissage et la révision. Une réponse générale ne peut pas toujours couvrir les détails d’une situation personnelle.
Ne transformez pas une divergence juridique en jugement sur autrui
Une musulmane qui s’abstient de réciter peut suivre un avis juridique établi ; celle qui récite pour apprendre ou réviser peut également suivre un avis reconnu. La divergence porte sur l’interprétation des preuves et leur application, non sur la valeur de la foi de l’une ou de l’autre. Pour comparer les raisonnements, vous pouvez lire l’avis détaillé sur la lecture du Coran pendant les menstrues et lire le Coran en français et comprendre ce que cela signifie. Si votre situation comporte un besoin particulier ou une difficulté concrète, demandez conseil à une personne qualifiée qui connaît l’avis de votre école.
Questions fréquentes
La femme qui a ses règles peut-elle écouter une récitation du Coran ?
Oui, elle peut écouter une récitation. L’écoute n’est pas la même chose que réciter elle-même ou toucher un mushaf ; le verset recommande d’écouter attentivement lorsque le Coran est récité : « Et quand on récite le Coran, prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde (d’Allah). » (Sourate Al-A’raaf, verset 204).
Peut-on lire une traduction du Coran pendant les règles ?
Une traduction transmet le sens du Coran dans une autre langue et n’est pas, à proprement parler, le texte arabe du mushaf. Les avis sur le contact avec un livre de traduction peuvent dépendre de la place du texte arabe et de la présentation de l’ouvrage ; distinguez donc la lecture du sens de la récitation arabe.
La récitation pendant les règles fait l’objet d’avis juridiques divergents, tandis que le contact avec un mushaf et la consultation sur écran sont des questions distinctes. Pour apprendre ou réviser, tenez compte des nuances reconnues par votre école et choisissez un avis de manière cohérente. Vous pouvez maintenant préciser le geste concerné et suivre l’avis adapté à votre situation.
Sources citées
Chaque citation a été recoupée mot pour mot avec le texte du Coran et des hadiths de notre base.
- Sourate Al-Baqara (La Vache), verset 222
- Sourate Al-A’raf (Les Murailles), verset 204
- Hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim — authentique
La rédaction Al Muslim Plus · testé le 19 octobre 2026
