Cherchez un symbole : vous lirez ce qu’en disent deux ouvrages classiques d’interprétation, mot pour mot et avec leur page. Rien n’est inventé, rien n’est prédit.
Un rêve vous a inquiété ? Ce que la Sunna demande de faire
Le Prophète ﷺ a enseigné que le rêve désagréable vient de Satan, et qu’il ne nuit pas à celui qui fait ce qui suit. (al-Bukhārī 7045 · al-Bukhārī 3292)
Demander la protection d’Allah, trois fois
Contre le mal de ce rêve et contre Satan. La formule donnée par al-Nawawī : « aʿūdhu billāhi mina sh-shayṭāni wa min sharrihā » — je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan et contre le mal de ce rêve. (al-Bukhārī 7044 · Muslim 2262 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
Souffler légèrement trois fois sur sa gauche
Les versions du hadith disent « souffler » (nafth), « crachoter » (tafl) ou « cracher » (basq) : un souffle léger, pour chasser Satan. (Muslim 2261 · al-Bukhārī 7044 · Muslim 2262)
Se retourner sur l’autre côté
Changer de flanc dans son lit. (Muslim 2262)
Se lever et prier
Si on le peut ; al-Nawawī conseille deux unités de prière (rakʿa). (Muslim 2263 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
N’en parler à personne
Ni le raconter, ni chercher à le faire interpréter. Un bédouin avait rêvé qu’on lui coupait la tête ; le Prophète ﷺ lui dit : « Ne raconte pas comment Satan joue avec toi dans ton sommeil. » (al-Bukhārī 7045 · Muslim 2263 · Muslim 2268 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
« Il ne lui nuira pas » : c’est la promesse du hadith. Al-Nawawī précise que faire une partie seulement de ces gestes suffit, avec la permission d’Allah. (al-Bukhārī 7045 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
Louer Allah
Il vient d’Allah : dire « al-ḥamdu lillāh ». (al-Bukhārī 7045)
Le raconter seulement à qui vous aime
Ou à une personne de bon jugement. Yaʿqūb avait dit à Yūsuf : « Ne raconte pas ta vision à tes frères. » (al-Bukhārī 7044 · Abū Dāwūd 5020 (authentifié par al-Albānī) · al-Tirmidhī 2278 · Yūsuf 12:5)
Ne pas en faire une règle
Même un beau rêve n’établit aucune règle religieuse : l’état de sommeil n’est pas un état de vérification. (al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 1/115)
Le Prophète ﷺ a dit : « Le rêve est de trois sortes : le rêve vertueux, bonne nouvelle venant d’Allah ; le rêve qui attriste, venant de Satan ; et le rêve né de ce que la personne se dit à elle-même. » (Muslim 2263)
Le Coran rapporte aussi le mot des conseillers du roi d’Égypte devant un rêve qu’ils ne comprenaient pas : « un amas de rêves » (aḍghāth aḥlām). Tout rêve n’est donc pas un message : seul le rêve vertueux est une annonce. (Yūsuf 12:44 · al-Bukhārī 6990)
« Il ne reste de la prophétie que les annonces de bonnes nouvelles », dit le Prophète ﷺ ; et, interrogé sur elles : « le rêve vertueux ». Le rêve du croyant est « une part parmi quarante-six de la prophétie », et « les plus véridiques d’entre vous en rêve sont les plus véridiques en paroles ». (al-Bukhārī 6990 · al-Bukhārī 6994 · al-Bukhārī 7017 et Muslim 2263)
« Les rêves des prophètes sont révélation », disait le Successeur ʿUbayd ibn ʿUmayr en récitant le verset d’Ibrāhīm. Ils se réalisent : le rêve de Yūsuf (onze étoiles, le soleil et la lune prosternés), dont il dira plus tard « voilà l’interprétation de mon rêve de jadis » ; celui d’Ibrāhīm au sujet de son fils ; celui du Prophète ﷺ annonçant l’entrée à La Mecque. (al-Bukhārī 138 · aṣ-Ṣāffāt 37:102 · Yūsuf 12:4 · Yūsuf 12:100 · al-Fatḥ 48:27)
Interpréter est une science : Allah dit à Yūsuf qu’Il lui enseignera « l’interprétation des récits ». L’imam Mālik, à qui l’on demandait si tout le monde pouvait interpréter les rêves, répondit : « Joue-t-on avec la prophétie ? » ; seul celui qui s’y connaît doit le faire, et s’il y voit une chose désagréable, qu’il dise du bien ou se taise. (Yūsuf 12:6 · Ibn ʿAbd al-Barr, al-Tamhīd 1/288)
Même le meilleur des Compagnons pouvait se tromper en partie : Abū Bakr interpréta un rêve devant le Prophète ﷺ, qui lui dit : « Tu as vu juste pour une part, et tu t’es trompé pour une part. » Une interprétation reste un effort humain, pas une certitude. (al-Bukhārī 7046 et Muslim 2269)
Et l’apparence trompe : un rêve d’aspect désagréable peut s’interpréter en bien, et l’inverse, note al-Nawawī. C’est pourquoi un symbole isolé, lu dans un dictionnaire, ne dit rien de certain sur votre rêve. (al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
وقال مالك لا يعبر الرؤيا إلا من يحسنها فإن رأى خيرا أخبر به وإن رأى مكروها فليقل خيرا أو ليصمت
Mālik a dit : « N’interprète les rêves que celui qui s’y connaît. S’il y voit un bien, qu’il l’annonce ; s’il y voit une chose désagréable, qu’il dise du bien ou se taise. »
Al-Nawawī rapporte l’accord des savants : un rêve n’annule pas une Sunna établie et n’en établit pas une nouvelle ; aucune règle de la Loi ne se fonde sur un rêve, car le dormeur ne vérifie pas ce qu’il entend. Cela vaut même quand on voit le Prophète ﷺ en rêve. (al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 1/115)
Notre conseil, en conséquence : ne prenez aucune décision grave — rompre, divorcer, accuser quelqu’un — sur la foi d’un rêve. Pour une vraie question, adressez-vous à une personne de science de confiance.
لا أنه يقطع بأمر المنام ولا أنه تبطل بسببه سنة ثبتت ولا تثبت به سنة لم تثبت وهذا بإجماع العلماء
… non qu’on tranche sur la foi d’un rêve : un rêve n’annule pas une Sunna établie et n’établit pas une Sunna qui ne l’est pas ; cela fait l’unanimité des savants.
« Le pire des mensonges est qu’un homme fasse dire à ses yeux ce qu’ils n’ont pas vu » : prétendre avoir rêvé ce qu’on n’a pas rêvé est un mensonge grave. (al-Bukhārī 7043)
De deux ouvrages classiques, cités mot pour mot, avec la page de l’édition et un lien vers cette page sur la bibliothèque al-Shāmila. Chaque extrait a été relu sur cette page avant publication. Les traductions et les résumés sont les nôtres.
al-Nābulusī, Taʿṭīr al-anām fī taʿbīr al-manām
Dictionnaire alphabétique du savant damascène ʿAbd al-Ghanī al-Nābulusī (mort en 1143 H / 1731), achevé en 1069 H (1658). Il dit y suivre, en plus complet, la méthode d’un devancier, Ibn Ghannām. Édition citée : Dār al-Fikr, Beyrouth.
Le livre attribué à Ibn Sīrīn
Muhammad ibn Sīrīn (mort en 110 H / 729), un Successeur de Bassora, était réputé pour interpréter les rêves ; al-Bukhārī rapporte de lui une parole sur la vision du Prophète ﷺ. Mais le livre qui circule sous son nom, le Muntakhab al-kalām fī tafsīr al-aḥlām, n’est pas de lui : il cite Ibn Qutayba (213–276 H), né plus d’un siècle après sa mort, et parle d’Ibn Sīrīn à la troisième personne. La notice de la bibliothèque al-Shāmila juge cette attribution sans fondement, et la plupart de ses interprétations sans preuve. Nous le citons parce que c’est sous ce nom que beaucoup le cherchent, toujours avec la mention « attribué à », après al-Nābulusī. (al-Bukhārī 6993 et Muslim 2266)
Le livre lui-même cite Ibn Qutayba :
قال ابن قتيبة رضي الله عنه يجب على العابر التثبيت فيما يرد عليه وترك التعسف
Ibn Qutayba a dit : l’interprète doit vérifier ce qu’on lui soumet et s’interdire l’arbitraire.
Ce que nous ne faisons pas
Nous n’ajoutons aucune interprétation personnelle, nous ne prédisons rien, et nous ne traitons pas les objets que ces livres ignorent (téléphone, avion, billets de banque…) : les en déduire serait inventer.
57 symboles, 196 extraits cités.
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