La question ne se règle pas par un simple oui ou non. Ce qui compte, c’est votre capacité réelle : pouvez-vous rester debout sans douleur ou sans crainte d’aggraver votre état ? Si la réponse est non, la prière assise est une facilité accordée par la Loi, et elle reste une prière pleinement valable. Voici comment en juger et comment accomplir chaque geste.
Qui peut prier assis sur une chaise ?
Le critère posé par la Loi est la capacité. Allah le dit clairement : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Sourate Al-Baqara, verset 286). Le même principe revient dans la sourate Al-Mu’minoon : « Nous n’imposons à personne que selon sa capacité » (Sourate Al-Muminoon, verset 62).
Le hadith d’Imran ibn Husayn fixe l’ordre à suivre : « Prie debout, si tu ne peux pas, alors assis ; et si tu ne peux pas, alors sur le côté » (rapporté par Al-Bukhari). La station debout est donc la règle, la station assise vient ensuite, et la prière couchée seulement après.
Les savants précisent que la difficulté doit être réelle : une fatigue passagère ou une simple gêne ne suffisent pas toujours, alors qu’une douleur qui empêche de tenir debout, un vertige ou une maladie aggravée par la station debout justifient la prière assise. Sur les seuils précis, les écoles ne sont pas identiques, et chacune en expose les arguments.
Comment faire l’inclinaison et la prosternation sur une chaise ?
Quand la prosternation au sol est impossible, la Loi demande de la remplacer par une inclinaison plus marquée. Un hadith de Jabir ibn ‘Abdillah le décrit : le Prophète ﷺ, rendant visite à un malade qui priait sur un coussin, lui dit : « Prie à même le sol si tu peux ! Sinon, fais des mouvements de tête en faisant en sorte que ton mouvement pour la prosternation soit plus prononcé que pour l’inclinaison ! » (rapporté par Al-Bazzar et Al-Bayhaqi).
Concrètement, sur une chaise, l’inclinaison (ruku’) se fait en penchant le buste vers l’avant, le dos restant droit autant que possible. La prosternation (sujud) se fait en penchant davantage, la tête descendant plus bas que pour l’inclinaison. Ce rapport entre les deux est la pierre de touche : la prosternation doit toujours être plus basse que l’inclinaison.
Quand vous vous prosternez, posez les mains et levez les coudes, comme le recommande le hadith d’Al-Bara’ ibn ‘Azib (rapporté par Muslim). Si même cela est impossible, un geste de la tête suffit, à condition de marquer la différence entre les deux positions.
Peut-on alterner station debout et station assise pendant la prière ?
Oui, et c’est souvent la solution la plus juste. Allah dit : « Quand vous avez accompli la Salât, invoquez le nom d’Allah, debout, assis ou couchés sur vos côtés » (Sourate An-Nisaa, verset 103). Le fidèle se tient debout pour les parties qu’il peut accomplir ainsi, puis s’assoit pour le reste.
La règle la plus simple est la suivante : ce que vous pouvez faire debout, faites-le debout ; ce qui vous est pénible, faites-le assis. Vous pouvez par exemple rester debout pour la récitation de la Fatiha, puis vous asseoir pour l’inclinaison et la prosternation si la station debout devient douloureuse.
La gravité de la difficulté conditionne ce choix. Les écoles s’accordent sur la liberté de s’asseoir dès que la station debout devient réellement difficile, mais leurs avis divergent sur le moment exact où l’on passe d’une posture à l’autre pour les prières obligatoires. Cette divergence ne demande pas de choisir un avis contre l’autre : l’essentiel est d’éviter la fatigue excessive, sans jamais abandonner la prière.
Peut-on accomplir une prière surérogatoire assise sans être malade ?
La règle générale est que la prière surérogatoire (nafl) est accomplie debout, mais qu’elle peut l’être assis. Le hadith d’Aïcha rapporte que le Prophète ﷺ priait parfois assis en tailleur (rapporté par An-Nasaa’i), et qu’il priait assis en certaines occasions sans que cela soit lié à une maladie.
Les savants distinguent ici deux situations. Pour la prière surérogatoire accomplie assise sans raison, la plupart reconnaissent sa validité, tout en soulignant que la prière debout a un mérite plus grand. Pour la prière obligatoire, la station assise n’est permise que pour une raison, comme la maladie ou l’incapacité.
Le Prophète ﷺ a aussi rappelé que la constance compte davantage que la quantité : « Accomplissez les actes dont vous êtes capables ! Car, par Allah ! Allah ne se lasse point jusqu’à ce que vous ne vous lassiez ! » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim). Ce principe s’applique à la prière surérogatoire : la régularité, dans la mesure de vos forces, est plus aimée d’Allah que l’effort qui vous épuise.
La prière assise sur une chaise est permise à celui dont la station debout est réellement difficile, et elle reste une prière complète. Commencez par debout ce que vous pouvez faire ainsi, asseyez-vous pour le reste, et marquez toujours une prosternation plus basse que l’inclinaison. Pour vous exercer aux gestes et à la récitation, retrouvez l’outil dans l’application.
Pour aller plus loin : apprendre la prière pas à pas, avec l’arabe et la phonétique · le guide complet de la prière en Islam, étape par étape · la fatwa d’Islamweb sur la prière assise sur une chaise au travail
Sources citées
Chaque citation a été recoupée mot pour mot avec le texte du Coran et des hadiths de notre base.
- Sourate An-Nisa (Les Femmes), verset 103
- Sourate Al-Baqara (La Vache), verset 286
- Sourate Al-Mu’minun (Les Croyants), verset 62
- Hadith rapporté par Al-Bukhari — authentique
- Hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim — authentique
- Hadith rapporté par An-Nasa’i — authentique
- Hadith — authentique
- Hadith rapporté par Muslim — authentique
La rédaction Al Muslim Plus · testé le 3 novembre 2026
