En règle générale, la viduité d’une veuve dure quatre mois et dix jours, et elle s’applique même si le mariage n’a pas été consommé ; seule la grossesse la modifie. Le délai commence au décès du mari et se calcule, selon la majorité des savants, en mois lunaires. Il faut aussi distinguer cette viduité de la période de deuil, même si elles coïncident généralement pour une veuve.
La durée de la viduité d’une veuve : quatre mois et dix jours
La règle générale est établie par le verset : « Ceux des vôtres que la mort frappe et qui laissent des épouses: celles-ci doivent observer une période d’attente de quatre mois et dix jours. Passé ce délai, on ne vous reprochera pas la façon dont elles disposeront d’elles-mêmes d’une manière convenable. Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (sourate Al-Baqara, verset 234). Cette période d’attente, appelée ʿiddah (viduité prescrite), concerne la femme dont le mari est décédé.
Selon la majorité des savants, les quatre mois et dix jours se comptent en mois lunaires, et non en quatre mois civils auxquels on ajouterait automatiquement dix jours. La durée exacte en jours varie donc selon les mois concernés. Pour les règles générales de la viduité, vous pouvez aussi consulter les règles générales du délai de viduité en islam.
Si la veuve est enceinte ou si le mariage n’a pas été consommé
La grossesse constitue le principal cas particulier : le délai prend fin à l’accouchement, même si celui-ci survient peu après le décès et avant l’expiration des quatre mois et dix jours. Le verset relatif aux femmes enceintes énonce : « Si vous avez des doutes à propos (de la période d’attente) de vos femmes qui n’espèrent plus avoir de règles, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. Et quant à celles qui sont enceintes, leur période d’attente se terminera à leur accouchement. Quiconque craint Allah cependant, Il lui facilite les choses. » (sourate At-Talaaq, verset 4). Le cas de Subayʿah, qui accoucha peu après le décès de son mari, est également rapporté : le Prophète Muhammad ﷺ lui indiqua que son délai était terminé dès son accouchement.
Pour une veuve enceinte, la règle retenue par les juristes est donc que la viduité se termine avec l’accouchement, que celui-ci ait lieu avant ou après les quatre mois et dix jours. En revanche, la non-consommation du mariage ne change rien pour la veuve : les savants s’accordent à dire que la viduité de quatre mois et dix jours s’applique dès que le contrat de mariage a été conclu, car le verset 234 vise toutes les épouses. C’est une différence importante avec le divorce prononcé avant la consommation, pour lequel le Coran ne prévoit pas de délai d’attente (sourate Al-Ahzab, verset 49). Pour le détail des obligations du veuvage selon les écoles, consultez l’exposé des exigences du veuvage selon les quatre écoles.
Quand commence le délai et comment le calculer
Selon la grande majorité des savants, dont les quatre écoles, le point de départ est la date du décès du mari, même si la veuve l’apprend plus tard, et non celle de l’enterrement, de l’annonce du décès ou du début du séjour de la veuve dans un autre logement. Si le décès a lieu alors qu’elle est enceinte, c’est l’accouchement qui met fin au délai ; sinon, le calcul ordinaire part du décès.
Pour établir la date de fin, il faut connaître la date lunaire du décès et compter quatre mois lunaires complets, puis dix jours. Un calendrier civil peut aider à repérer les dates, mais ses mois de longueur variable ne remplacent pas le calcul lunaire. Si la date du décès est connue seulement selon le calendrier civil, ou si la conversion donne lieu à une incertitude concrète, calculer la période d’iddah peut fournir un repère ; faites vérifier le résultat lorsque la date exacte a des conséquences pratiques.
Viduité et deuil : ce que la période implique au quotidien
La viduité est le délai juridique à observer après le décès ; le deuil, ou iḥdād (abstention des parures pendant le veuvage), désigne des règles de conduite qui s’appliquent durant cette période. Le hadith rapporte : « Umm ʽAṭiyyah (qu’Allah l’agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Une femme ne porte pas le deuil pour un défunt au-delà de trois jours, sauf s’il s’agit de son mari, pour lequel il durera quatre mois et dix jours. Elle ne doit alors pas porter de vêtement de parure teint – sauf celui dont la trame a été teinte avant le tissage, lui donnant des rayures – ni se mettre du kohl sur les yeux, ni se parfumer, sauf lorsqu’elle se purifie usant d’un peu de costus ou d’encens. » » (rapporté par al-Bukhari et Muslim).
Pour la majorité des savants, ce deuil est une obligation pour la veuve pendant toute la période : elle s’abstient de parfum, de kohl, de bijoux et de vêtements de parure, comme l’indique ce hadith, sans que cela touche à la propreté ni aux vêtements ordinaires. Selon la majorité également, elle passe ses nuits au domicile conjugal jusqu’à la fin du délai, en s’appuyant sur le récit d’Al-Furayʿah, et peut sortir le jour pour un besoin réel : travail, soins, démarches. Les écoles divergent sur certains détails, comme les vêtements concernés ou un déménagement imposé par la nécessité.
Retenez : quatre mois et dix jours lunaires à partir du décès, que le mariage ait été consommé ou non, avec une fin à l’accouchement en cas de grossesse. Pendant cette période, la veuve observe le deuil et passe ses nuits au domicile conjugal, en sortant le jour pour ses besoins. Notez la date du décès et vérifiez le calcul de la date de fin.
Sources citées
Chaque citation a été recoupée mot pour mot avec le texte du Coran et des hadiths de notre base.
- Sourate At-Talaq (Le Divorce), verset 4
- Sourate Al-Baqara (La Vache), verset 234
- Hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim — authentique
- Hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim — authentique
La rédaction Al Muslim Plus · testé le 7 novembre 2026
