Héritage en islam : quelle part pour le frère et la sœur ?

Héritage en islam : quelle part pour le frère et la sœur ?

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Les frères et sœurs du défunt n’héritent pas dans toutes les situations : un fils, un petit-fils par un fils ou le père du défunt les écarte. En revanche, les frères et sœurs utérins et les germains ne suivent pas les mêmes règles, et la présence de filles ne suffit pas à écarter les sœurs germaines. Pour comprendre le partage, il faut d’abord identifier le lien de parenté et les autres héritiers, puis appliquer la part correspondante aux biens nets à partager.

Quand les frères et sœurs du défunt sont-ils écartés de l’héritage ?

La présence d’un fils du défunt, d’un petit-fils par un fils ou du père du défunt écarte ses frères et sœurs de l’héritage. Il s’agit ici du père du défunt, et non du père des frères et sœurs. Ainsi, si un homme meurt en laissant un fils et un frère, le frère ne reçoit pas de part successorale.

Ne confondez pas le père avec le grand-père paternel

Le grand-père paternel est une situation distincte : son effet sur les frères et sœurs fait l’objet d’une divergence entre les écoles juridiques. Il ne faut donc pas lui appliquer automatiquement la règle établie pour le père du défunt. Pour ce cas précis, le résultat dépend de l’avis juridique suivi et de la composition complète de la succession.

Frères et sœurs utérins : un sixième ou un tiers à partager

Les frères et sœurs utérins sont ceux qui ont la même mère que le défunt, mais pas le même père. Lorsqu’un seul frère ou une seule sœur utérine hérite, sa part prescrite est d’un sixième. S’ils sont plusieurs, ils se partagent ensemble un tiers à parts égales : un frère ne reçoit donc pas le double d’une sœur dans cette catégorie. Le verset précise : « Et si un homme, ou une femme meurt sans héritier direct, cependant qu’il laisse un frère ou une sœur, à chacun de ceux-ci alors, un sixième. S’ils sont plus de deux, tous alors participeront au tiers, après exécution du testament ou paiement d’une dette, sans préjudice à quiconque. » (Sourate An-Nisâ, verset 12)

Les héritiers qui les écartent

Les frères et sœurs utérins sont écartés par un descendant du défunt, homme ou femme, ainsi que par le père ou le grand-père paternel. Leur part ne se calcule donc pas isolément : il faut d’abord vérifier si l’un de ces héritiers est présent. Le verset 12 décrit leur part dans le cas où le défunt n’a pas d’héritier direct.

Frères et sœurs germains : moitié, deux tiers ou partage entre eux

Les frères et sœurs germains ont le même père et la même mère que le défunt. Si une sœur germaine hérite seule dans le cas visé par le verset, elle reçoit la moitié ; si deux sœurs ou davantage héritent ensemble, elles se partagent les deux tiers. Quand des frères et des sœurs germains héritent ensemble, chaque frère reçoit une part équivalente à celle de deux sœurs. Le texte indique : « Ils te demandent ce qui a été décrété. Dis: «Au sujet du défunt qui n’a pas de père ni de mère ni d’enfant, Allah vous donne Son décret: si quelqu’un meurt sans enfant, mais a une sœur, à celle-ci revient la moitié de ce qu’il laisse. Et lui, il héritera d’elle en totalité si elle n’a pas d’enfant. Mais s’il a deux sœurs (ou plus), à elles alors les deux tiers de ce qu’il laisse; et s’il a des frères et des sœurs, à un frère alors revient une portion égale à celle de deux sœurs. Allah vous donne des explications pour que vous ne vous égariez pas. Et Allah est Omniscient. » » (Sourate An-Nisâ, verset 176)

Une règle à appliquer après avoir vérifié les héritiers

Ces parts concernent le cas décrit dans le verset : le défunt n’a ni père ni enfant. En pratique, le fils, le petit-fils par un fils et le père écartent les frères et sœurs germains. Il faut aussi distinguer cette catégorie des frères et sœurs utérins, dont le partage est égal entre eux et relève du verset 12.

Quand le défunt laisse des filles et des sœurs

La présence de filles n’écarte pas, à elle seule, les sœurs germaines. Selon la majorité des savants, si le défunt laisse une ou plusieurs filles et des sœurs germaines, celles-ci peuvent recevoir le reliquat après attribution des parts prescrites aux filles, en l’absence d’un héritier qui les écarte. Cela ne s’applique pas lorsqu’il y a un fils : celui-ci écarte les sœurs.

Distinguer les filles du fils

Le verset sur les parts des enfants précise : « S’il n’y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s’il n’y en a qu’une, à elle alors la moitié. » (Sourate An-Nisâ, verset 11) Les parts des filles sont donc déterminées avant d’examiner le reliquat. Le calcul final dépend toutefois des autres héritiers présents et de leurs droits.

Un exemple de partage et les cas qui demandent un calcul complet

Exemple simple : une femme meurt en laissant 12 000 euros à partager, sans dette ni testament à régler, et ses seuls héritiers sont un frère et une sœur germains. Ils héritent ensemble comme résiduaires, selon le rapport de deux parts au frère pour une à la sœur : le frère reçoit 8 000 euros et la sœur 4 000 euros. Cet exemple suppose qu’aucun héritier prioritaire ou autre ayant droit ne modifie le partage.

Vérifier tous les héritiers avant de répartir

Dans une succession réelle, il faut recenser le conjoint, les parents, les enfants, les autres frères et sœurs, les dettes et les dispositions testamentaires pertinentes. Pour revoir les étapes générales, consultez notre guide général sur le partage de l’héritage en islam. Vous pouvez ensuite calculer les parts d’héritage selon les quatre écoles afin d’intégrer l’ensemble des héritiers et les différences d’avis ; un exemple de cas avec enfants et fratrie est présenté dans l’exemple d’un défunt laissant deux fils, deux filles, un frère et une sœur.

Questions fréquentes sur la part des frères et sœurs

Une sœur hérite-t-elle si le défunt laisse des filles ?

Selon la majorité, une sœur germaine peut recevoir le reliquat après les parts prescrites aux filles, si aucun héritier ne l’écarte. La présence d’un fils, en revanche, écarte les sœurs.

Les frères et sœurs utérins héritent-ils comme les frères et sœurs germains ?

Non. Un frère ou une sœur utérine reçoit un sixième, et plusieurs se partagent un tiers à parts égales, sous réserve des héritiers qui les écartent. Les germains suivent d’autres règles : notamment, lorsqu’ils héritent ensemble, le frère reçoit le double de la sœur.

Le grand-père paternel écarte-t-il les frères et sœurs ?

Ce cas fait l’objet d’une divergence entre les écoles, contrairement au cas du père du défunt, qui écarte les frères et sœurs. Il faut donc examiner la succession selon l’école suivie et la situation complète.

Retenez d’abord le lien de parenté : utérin ou germain, puis vérifiez la présence d’un fils, d’un petit-fils par un fils ou du père du défunt. Les filles n’écartent pas automatiquement les sœurs germaines, tandis que le grand-père paternel relève d’un cas discuté. Pour une succession comprenant plusieurs catégories d’héritiers, utilisez le calculateur avec la liste complète des ayants droit.

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Sources citées

Chaque citation a été recoupée mot pour mot avec le texte du Coran et des hadiths de notre base.

La rédaction Al Muslim Plus · testé le 1 octobre 2026

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