Après le décès de son mari, l’épouse a droit à une part déterminée de la succession : un quart si le défunt ne laisse pas de descendant héritier, et un huitième s’il en laisse. Cette fraction ne se calcule pas sur tous les biens sans distinction : elle porte sur la succession après les charges prioritaires, notamment les dettes et les dispositions testamentaires applicables. Le mahr (dot due à l’épouse) impayé est, lui, une créance distincte de son héritage.
La part de l’épouse est le quart ou le huitième
Le verset qui fixe la part de l’épouse distingue deux situations : sans descendant héritier, elle reçoit un quart de ce que son mari laisse ; si le défunt a un descendant héritier, elle reçoit un huitième. Le texte précise que cette part intervient après l’exécution du testament ou le paiement d’une dette : « Et à elles un quart de ce que vous laissez, si vous n’avez pas d’enfant. Mais si vous avez un enfant, à elles alors le huitième de ce que vous laissez après exécution du testament que vous auriez fait ou paiement d’une dette. » (Sourate An-Nisaa, verset 12)
La présence d’un descendant héritier réduit donc la part de l’épouse, qu’il s’agisse d’un fils ou d’une fille. Il faut établir qui sont les héritiers et appliquer les règles de succession à la situation complète, plutôt que de calculer le quart ou le huitième sur la seule valeur apparente des biens. Le verset affirme également le principe général d’une part successorale pour les femmes : « Aux hommes revient une part de ce qu’ont laissé les père et mère ainsi que les proches; et aux femmes une part de ce qu’ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup: une part fixée. » (Sourate An-Nisaa, verset 7)
La part se partage entre les coépouses
Si le défunt laisse plusieurs épouses, le quart ou le huitième est leur part commune : elles se le répartissent entre elles. La fraction ne revient donc pas intégralement à chacune. Par exemple, si deux épouses héritent ensemble d’un huitième, elles partagent ce huitième selon les règles applicables ; elles ne reçoivent pas chacune un huitième de la succession.
Le nombre d’épouses ne change pas la fraction prévue pour la catégorie des épouses. Il modifie seulement la manière dont cette fraction est répartie entre elles. Pour un calcul exact, il faut aussi connaître les autres héritiers, car la succession ne se limite pas à la part de la veuve.
Ce qui est réglé avant le partage de l’héritage
La part successorale se calcule sur les biens qui restent après les droits et charges prioritaires. Il faut notamment vérifier les dettes du défunt et l’existence d’un testament, dont l’exécution est soumise à des limites juridiques. Le verset sur les parts de l’épouse mentionne expressément le paiement d’une dette et l’exécution du testament avant le calcul de sa fraction. Pour comprendre la répartition de l’ensemble de la succession, vous pouvez poursuivre avec notre guide général sur la répartition de l’héritage en islam.
Le mahr impayé ne se confond pas avec l’héritage : il constitue une dette envers l’épouse. Il doit être identifié comme une créance à régler avant la répartition successorale ; l’épouse peut donc avoir à la fois ce droit et sa part d’héritage. Le Coran ordonne : « Et donnez aux épouses leur mahr, de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. » (Sourate An-Nisaa, verset 4)
Les dépenses du foyer ne créent pas, à elles seules, une part successorale supplémentaire. Si l’épouse a contribué aux dépenses, cela ne transforme pas le quart en une autre fraction : il faut distinguer les sommes qui pourraient lui être dues au titre d’un droit établi de sa part d’héritière. Pour ce cas particulier, consultez l’avis détaillé sur l’héritage de l’épouse qui participe aux dépenses du foyer.
Comment estimer la part dans une situation réelle
Avant tout calcul, réunissez les informations qui peuvent modifier la répartition : le nombre et le lien de parenté des descendants, l’existence d’autres héritiers, la liste des biens et leur valeur, les dettes à régler, le mahr restant dû et tout testament. Il faut distinguer la valeur brute des biens de la succession effectivement partageable après les charges prioritaires. Une estimation fondée uniquement sur le patrimoine total risque donc d’être inexacte.
Vous pouvez calculer les parts des héritiers selon les quatre écoles pour obtenir une estimation à partir des informations disponibles. Les écoles peuvent diverger sur certains détails d’application ; un outil ne remplace pas l’examen d’un dossier complexe, notamment en présence de dettes contestées, de dispositions testamentaires ou d’héritiers dont le statut est incertain. Pour les questions liées à la période qui suit le décès, vous pouvez aussi découvrir les règles du délai de viduité après le décès du mari.
Questions fréquentes sur la part d’héritage de l’épouse
Une épouse reçoit-elle le huitième si son mari a des filles ?
Oui. Une fille est un descendant héritier : sa présence fait passer la part de l’épouse au huitième. La répartition du reste dépend ensuite des autres héritiers présents.
Si le défunt avait plusieurs épouses, chacune reçoit-elle un huitième ?
Non. Le huitième constitue la part commune des épouses lorsque le défunt laisse un descendant héritier. Elles se le partagent entre elles ; il ne s’agit pas d’un huitième attribué à chacune.
Le mahr impayé s’ajoute-t-il à la part d’héritage de l’épouse ?
Le mahr impayé est une créance distincte, à régler comme une dette avant le partage ; il ne modifie pas la fraction successorale de l’épouse. Il faut donc le comptabiliser séparément de son quart ou de son huitième.
Retenez la règle : le quart revient à l’épouse sans descendant héritier, le huitième avec un descendant, et les coépouses se partagent cette fraction. Avant de calculer, distinguez les biens restant à partager, les dettes, le testament et le mahr dû. Réunissez ces éléments pour obtenir une estimation, puis faites vérifier les situations complexes.
Sources citées
Chaque citation a été recoupée mot pour mot avec le texte du Coran et des hadiths de notre base.
- Sourate An-Nisa (Les Femmes), verset 7
- Sourate An-Nisa (Les Femmes), verset 12
- Sourate An-Nisa (Les Femmes), verset 4
La rédaction Al Muslim Plus · testé le 11 octobre 2026
