Actions et situations
Rêver de tuer en islam
Ce rêve vous a inquiété ?Demandez la protection d’Allah, soufflez légèrement trois fois sur votre gauche, changez de côté, priez si vous le pouvez, et n’en parlez à personne : « il ne vous nuira pas ».Le détail et les sources
Demander la protection d’Allah, trois fois
Contre le mal de ce rêve et contre Satan. La formule donnée par al-Nawawī : « aʿūdhu billāhi mina sh-shayṭāni wa min sharrihā » — je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan et contre le mal de ce rêve. (al-Bukhārī 7044 · Muslim 2262 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
Souffler légèrement trois fois sur sa gauche
Les versions du hadith disent « souffler » (nafth), « crachoter » (tafl) ou « cracher » (basq) : un souffle léger, pour chasser Satan. (Muslim 2261 · al-Bukhārī 7044 · Muslim 2262)
Se retourner sur l’autre côté
Changer de flanc dans son lit. (Muslim 2262)
Se lever et prier
Si on le peut ; al-Nawawī conseille deux unités de prière (rakʿa). (Muslim 2263 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
N’en parler à personne
Ni le raconter, ni chercher à le faire interpréter. Un bédouin avait rêvé qu’on lui coupait la tête ; le Prophète ﷺ lui dit : « Ne raconte pas comment Satan joue avec toi dans ton sommeil. » (al-Bukhārī 7045 · Muslim 2263 · Muslim 2268 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
« Il ne lui nuira pas » : c’est la promesse du hadith. Al-Nawawī précise que faire une partie seulement de ces gestes suffit, avec la permission d’Allah. (al-Bukhārī 7045 · al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
En bref
Pour al-Nābulusī, tuer quelqu’un en rêve indique un grand péché, tandis qu’être tué annonce une longue vie et beaucoup de bien. Le Muntakhab attribué à Ibn Sīrīn associe la fuite devant la mort ou le meurtre à la proximité du terme de la vie.
Résumé des passages cités plus bas. Ce sont des interprétations d’auteurs, pas une prédiction : un rêve se comprend avec celui qui le fait et tous ses détails.
Ce que disent les livres d’interprétation
al-Nābulusī — Taʿṭīr al-anām fī taʿbīr al-manām
أنه قتل إنسانا فإنه يذنب ذنبا عظيما كما لو رأى أنه أذنب ذنبا عظيما قتل إنسانا.
[Celui qui se voit] tuer un être humain commet un grand péché, comme s’il se voyait commettre un grand péché en tuant un être humain.
أنه يقتل فإنه تطول حياته ويصيب خيرا كثيرا من القبائل.
[Celui qui se voit] être tué verra sa vie se prolonger et obtiendra beaucoup de bien de la part des tribus.
Muntakhab al-kalām fī tafsīr al-aḥlām (attribué à Ibn Sīrīn)
Attribution à Ibn Sīrīn rejetée : pourquoi
ومن رأى الفرار من الموت أو القتل دل على قرب أجله لقوله تعالى (قل لن ينفعكم الفرار إن فررتم من الموت أو القتل) الآية
Celui qui voit la fuite devant la mort ou le meurtre, cela indique la proximité de son terme, selon la parole du Très-Haut : « Dis : la fuite ne vous sera d’aucun profit si vous fuyez la mort ou le meurtre », jusqu’à la fin du verset.
À garder en tête
- Une interprétation est un effort humain : Abū Bakr lui-même s’est trompé en partie devant le Prophète ﷺ. (al-Bukhārī 7046 et Muslim 2269)
- L’apparence trompe : un rêve d’aspect désagréable peut s’interpréter en bien, et l’inverse. (al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 15/18)
- Un rêve n’est pas une fatwa : ne prenez aucune décision grave sur sa seule foi. (al-Nawawī, Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim 1/115)
Symboles proches
- SangChez al-Nābulusī, le sang désigne surtout un bien illicite ou une faute ; mais le sang qui s’écoule d’une plaie ou par nécessité signifie santé et soulagement, et du sang sur un vêtement, un mensonge dit contre soi.
- GuerrePour al-Nābulusī, la guerre indique la hausse des prix, le trouble, la sédition, une épidémie ou la peste ; la guerre entre le souverain et ses sujets annonce la hausse du prix des denrées, tandis que les armes et les fonctions liées à la réforme sont de bon augure pour ceux qui les exercent. Le Muntakhab attribué à Ibn Sīrīn associe la guerre entre souverains à la sédition ou à une épidémie, celle entre le souverain et ses sujets à la baisse du prix des denrées, et celle entre les sujets à leur hausse.
- CouteauPour al-Nābulusī, le couteau peut signifier force et argent obtenus par l’intermédiaire d’un serviteur, ou victoire et preuve établie lors d’un procès. Le Muntakhab attribué à Ibn Sīrīn lui associe notamment un bénéfice mondain, un lien ou un compagnon.
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